Historique

Le Brûly

Village forestier, conquis suite à un essartage par le feu Brûly (en wallon Li Broûli, en blasonnéerlandais Rode), aussi appelé Brûly ou Brûly-de-Couvin, est d’origine récente par rapport à l’histoire régionale dont il est issu. Son territoire faisait partie de l’ancien domaine des Rois carolingiens, dans les terres de Couvin: celles-ci furent acquises le 14 juin 1096 par le Prince-Evêque de Liège Otbert et en conséquence dépendirent du Pays de Liège jusqu’en 1794. Pour protéger ses propriétés forestières face aux déprédations profondes occasionnées par les maîtres de forges du Hainaut et de France qui s’approvisionnaient à bon compte en combustible, le Prince-Evêque proposa à des manants sans ressources, de venir s’implanter dans ses forêts pour les protéger. En contrepartie, ils purent jouir de divers droits d’usage: maisonnage, affouage, essartage, pâturage, défrichement. L’essartage se pratiquait de deux façons: à feu couvert qui laissait la haute futaie ou à feu courant qui après une mise à blanc totale d’une coupe brûlait les résidus, les souches, les branchages, les feuilles, les copeaux et les brindilles. Ces terres ainsi défrichées par le feu étaient appelées « les brûlys ». Brûly est donc né de ces droits d’usage et de l’essartage pratiqué à feu courant. Peu à peu, des petits groupes d’habitations rassemblées en hameaux virent le jour dans la vaste clairière créée par le brûly, Brûly étant lui-même une dépendance de Couvin. Un arrêté royal de Guillaume Ier en date du 22 septembre 1826 érigea Brûly en Commune à la date du 1er janvier 1827, en amputant Couvin d’une partie de son territoire et en englobant les hameaux de Petite-Chapelle qui devint commune autonome en 1842. Enfin, par suite de la fusion des communes, Brûly fait partie de la Commune de Couvin depuis le 1er janvier 1977.

Le Notaire et l’Architecte

Ce petit village devint un bijou grâce à la volonté d’un mécène: Charles Claes.

Qui était Charles Claes, notaire à Bruxelles ?

Les Claes étaient descendants d’une lignée de cultivateurs, parfois tenanciers de cafés, dans la région de Hal, à Lembeek en Brabant. Tous très actifs et dynamiques. C’est à partir de la deuxième moitié du 19ème siècle, qu’un des leurs devint docteur en droit et notaire à Hal. Il y eut trois générations de notaires. Le premier fut François Joseph. Son fils unique, Charles I, devint un très grand notaire et vint s’établir à Bruxelles. La légende le fait notaire du Roi Léopold II, mais ce n’est qu’une légende. Une de ses passions était la chasse, et au début du 20ème siècle, il devint acquéreur de domaines forestiers qui étaient peu appréciés à l’époque. Cela déclencha en lui, une nouvelle passion, celle de gestionnaire forestier ; à tel point, qu’à l’âge de 54 ans, il remit son étude à son fils Charles II pour se consacrer à 100% à sa forêt.

Les deux Charles se préoccupaient aussi des habitants de leur domaine, et de la beauté de leur village ; ils construisirent ou restaurèrent une série de bâtiments dont l’église.

Avant la guerre de 1914, l’église était dans un état de délabrement lamentable. Il fallut attendre 1921 pour que le Conseil Communal charge alors l’architecte Frankinet de Dinant d’élaborer un projet de restauration. Trois ans après, le projet n’étant pas encore finalisé, Monsieur Claes, impatienté par tant de lenteur proposa de prendre à sa charge la restauration de l’édifice. Il fit appel à l’architecte Albert Rosenboom (1871-1943). La question fut cette fois remise sérieusement à l’étude, au grand soulagement du Conseil Communal et des paroissiens du Brûly.

Les travaux accomplis par Rosenboom, entre 1922 et 1935 environ, dans le village de Brûly, sont à cet égard représentatifs. L’architecte se voit confier là un projet de grande ampleur qui illustre de manière exemplaire la position qu’il adopte face au lieu dans lequel il construit. En effet, c’est au moyen d’une architecture qui se confond avec l’architecture régionale, qu’il répond à la commande du notaire Charles Claes. Les volumes sont massifs, les baies, simples et rythmées, la décoration, sobre. Il utilise les matériaux locaux tels la brique, la pierre bleue et le grès. La construction du Presbytère, de la Maison Communale et de la Maison des Oeuvres constitue un ensemble cohérent, en parfait accord avec le village, que complète la restauration du clocher de l’Église. Même la cabine de transformation électrique a fait l’objet d’une attention particulière. Tout cela afin qu’aucun élément ne perturbe l’architecture du lieu (Pascale Van de Kerckove. Étude de l’oeuvre de Rosenboom).

Article du journal Vers l’Avenir: Brûly un Chef-d’oeuvre Architectural.

En 2012, 30 fanfares et un peu plus de 300 musiciens sont venus fêter les 100 ans de la fanfare du Brûly. L’émission Ma terre de la Rtbf y fit un petit passage…

 

MAKING OF -Le chant des pierres- (partie 2) – Facebook

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